L'Hôtel Boyer de Fonscolombe

Située sur l'ancienne rue de la Grande Horloge (rue Gaston de Saporta) et à deux pas de la cathédrale, la discrète et élégante façade de l'hôtel Boyer de Fonscolombe, la plus longue et la plus horizontale d'Aix, unifie imbrications et juxtapositions architecturales et décoratives réalisées au fil du temps par les propriétaires successifs.

A l'origine de cet hôtel, deux maisons dépendant de l'Archevêché et du Chapitre, une petite et une grande, qui furent achetées au début du XVIe siècle, l'une par un maître boulanger, l'autre par un membre de la famille de Rascas.

Un siècle environ plus tard, en 1635 et 1642, le conseiller puis Président au Parlement, Charles Grimaldi-Régusse, les rachète toutes les deux et les fait aménager en une seule demeure.

Au début du XVIIIe, ses héritiers vendent la maison aux Forbin La Barben qui la cèderont très vite, dès 1743, à la sœur d'Honoré Boyer de Fonscolombe, riche marchand qui en héritera en 1754, deux ans avant sa mort. Son fils aîné, Léon-Baptiste-Laurent, l'un des plus grands collectionneurs français, poursuivra la modernisation de l'hôtel initiée par les Forbin La Barben.

En 1821, l'hôtel passe par héritage aux Saporta qui, un siècle plus tard, le revendront à la famille de Vitrolles (armoiries sur porte cochère). Celle-ci ne l'habitera guère et le louera à divers particuliers et services.C'est en 1950 que cet hôtel est racheté par l'Etat. Il est affecté au Ministère de l'Education Nationale en 1955. En 1989, l'Hôtel est classé Monument Historique dans sa totalité.

Au 1er étage, on y installe l'Institut d'Art de l'Université de Provence de 1965 à 1992, alors que le second étage est occupé par l'Institut de Sciences Pénales et Criminologie de l'Université Paul Cézanne, jusqu'en 2001. Dès 2004, c'est l'Institut de Management Public et de Gouvernance territoriale qui l'occupe en totalité après avoir récupéré les locaux du premier étage de l'Institut d'Etudes Européennes. En 2012, le Service Universitaire de Formation tout au long de la vie (SUFA) d'Aix-Marseille Université, situé au sein de l'Hôtel Maynier d'Oppède, prend place au premier étage du bâtiment. Depuis, l'Institut de Management Public et de Gouvernance Territoriale est présent aux 21 et 23 de la rue Gaston de Saporta au rez-de-chaussée et au second étage dans les Hôtels Boyer de Fonscolombe et Maynier d'Oppède désormais reliés.

L’ensemble architectural et les décors datent pour une grande part du XVIIIe siècle. La porte sculptée surmontée des armoiries des Vitrolles ouvre sur un passage couvert amenant à la cour intérieure. L'entrée de l'hôtel dévoile deux colonnes doriques récupérées sur l'ancien forum antique illuminée par un puits de lumière et orné d'une rampe en fer forgé de style Louis XVI, ses dimensions sont remarquables : il s'agit ici du plus grand et du plus prestigieux escalier des hôtels datant de cette époque.

On découvre dans les deux étages du bâtiment de nombreux bas-reliefs, gypseries ou décors en stuc qui témoignent de la richesse du lieu ainsi que des activités des témoins privilégiés qui y ont vécu. On remarquera tout particulièrement au premier étage la salle « Pinson-Ziegler » et les décors du plafond à la française. Rodolphe Ziegler, dans les compartiments feints, y a peint les figures allégoriques des Quatre vertus cardinales ainsi que Percée triomphant de Méduse et Athena terrassant le vice.

Les deux autres toiles de la salle «Pinson-Ziegler » illustrent le Jugement de Pâris, peint par Nicolas Pinson avec : tout d'abord les Noces de la Nymphe Thétis et de Péléé dans le sas, puis dans la salle « Pinson Ziegler », Mercure chargée de porter la pomme à Pâris, et enfin Pâris choisit Vénus

Enfin, au XVIIIe, siècle ont été ajoutés les six dessus de porte en stuc illustrant L’Histoire de Psyché dans un style délicat, ainsi que la toile en trompe l’œil représentant Eros peint par Esprit Antoine Gibelin (1739-1813), eintre aixois, ami de la famille Boyer de Fonscolombe. La signature de l’artiste a été découpée.